La thématique du colloque international «Sociétés en transition et développement local en zones difficiles » s’inscrit dans la problématique de développement local durable des zones difficiles qui sont appelées à faire face à davantage de défis et d’exigences engendrés par le nouveau contexte de mondialisation, bouleversement des marchés des produits alimentaires et de changements environnementaux notamment climatique.
En effet, les mutations profondes qui affectent le contexte économique et environnemental à tous les échelons local, national et international risquent d’entraîner une dégradation des conditions de vie et de production dans de nombreuses « zones difficiles » qui ont su pendant longtemps entretenir une dynamique de développement en dépit de leurs contraintes et difficultés.
Parmi les facteurs qui ont joué un rôle important dans le maintien de cette dynamique, on notera en particulier les capacités d’adaptation des structures sociales et des systèmes productifs mis en œuvre par les populations face aux contraintes du milieu environnant. L’action de l’Etat constitue un second facteur qui a joué un rôle stratégique majeur pour ces zones qui ont bénéficié de vastes programmes et projets de développement économique et social et de protection des ressources naturelles dans le cadre des politiques publiques.
Ces transformations ont donné naissance à des exploitations agricoles privées offrant de meilleures performances économiques que les systèmes traditionnels. Ces améliorations se sont accompagnées par l’apparition d’externalités médiatisées par les ressources naturelles. Une panoplie d’instruments de régulation visant l’internalisation des effets externes ont été mis en place dont l’efficacité économique mérite d’être évaluée.
D’autre part, en raison des nouvelles exigences du contexte international (accroissement des prix des produits alimentaires et de l’énergie, etc.), les marges de manœuvre de l’Etat sont de plus en plus limitées en terme d’action en faveur des zones difficiles dont le faible niveau de compétitivité justifie de moins en moins, à tord ou à raison, des investissements publics considérés coûteux pour des zones peu rentables. Dans ce même contexte, les populations des zones difficiles constatent que leurs capacités d’adaptation sont remises en cause et que leur potentiel d’innovation et de réponses par rapport aux exigences du développement local, de sécurité alimentaire et de la gestion durable des ressources naturelles est assez limité.
Face à cette situation assez problématique pour le devenir des zones difficiles, les pouvoirs publics ainsi que les populations locales sont appelés à concevoir et à mettre en œuvre de nouveaux rapports entre l’Etat et la société ainsi que de nouvelles règles pour l’accès et la gestion des ressources naturelles dans une perspective de développement durable.
Partant de ces éléments de la problématique à laquelle font faces les sociétés des zones difficiles, l’accent sera mis au cours du colloque particulièrement sur les zones arides où habitent des sociétés qui enregistrent parfois des dynamiques de transition assez fortes sur le plan social (transformation des structures sociales et modes de représentation), économique (mutation des systèmes productifs et règles économiques), environnemental (évolution des écosystèmes sous l’effet naturel et/ou anthropique) et institutionnel (modes de régulation et gouvernance locales)